Écrire un bon prompt : 4 éléments et des exemples à copier
Un bon prompt, c’est une demande qui dit à l’IA ce qu’un collègue te demanderait avant de se lancer : ce que tu veux et pourquoi, ce qu’il faut savoir de ta situation, sous quelle forme, et à quoi tu verras que c’est réussi. Pas de formule magique, pas de vocabulaire technique. Voici comment faire, avec des demandes à copier et à adapter.
Pourquoi une demande courte donne une réponse banale
Quand il manque une information, l’IA ne te la réclame pas toujours. Elle la comble souvent par une hypothèse plausible, proche de la réponse la plus courante. Si tu écris « Aide-moi pour le week-end », elle ne sait ni qui part, ni d’où, ni avec quel budget : elle répond pour tout le monde, donc pour personne.
La documentation officielle d’Anthropic sur l’écriture de prompts pour Claude (consultée le 3 novembre 2026) le dit avec une image : vois Claude comme un nouvel employé brillant, qui ne connaît ni tes habitudes ni ta façon de travailler. Elle propose aussi un test simple : fais lire ta demande à un collègue qui ne connaît pas le sujet. S’il est perdu, l’IA le sera aussi.
Les 4 éléments d’une bonne demande
Le but : ce que tu veux, et pour quoi faire
« Un programme de week-end » est un début. « Trois idées de week-end, pour décider ce soir avec mes amis » est un but : l’IA comprend la décision que tu dois prendre et s’arrête à trois idées au lieu d’écrire un guide de voyage.
Le contexte : ce qu’elle doit savoir
Donne les faits qui changent la réponse : combien de personnes, quel budget, quelle contrainte, quel niveau. La documentation d’Anthropic précise qu’expliquer la raison d’une consigne aide Claude à mieux viser. Son exemple : plutôt qu’un « JAMAIS de points de suspension », dire que le texte sera lu à voix haute par une machine qui ne sait pas les prononcer.
Donne le contexte utile à la tâche, avec le moins possible de données personnelles. Remplace les noms par un rôle (« ma collègue », « un client »), retire les adresses, numéros et identifiants, et ne partage pas d’informations de santé ou d’autres données sensibles, ni sur toi ni sur quelqu’un d’autre. La leçon sur tes données explique ce qui est envoyé et comment régler ce qui est gardé.
La forme : à quoi doit ressembler la réponse
Longueur, format, ton, langue : « trois propositions de cinq lignes », « un tableau », « en tutoyant ». Sans consigne de forme, l’IA choisit elle-même la longueur et la mise en page, pas forcément celles qui t’arrangent.
Les critères : « C’est réussi si… »
C’est l’élément qu’on oublie facilement, et l’un des plus utiles. Il oriente la réponse, puis il te sert à la vérifier. Choisis un critère que tu peux contrôler en dix secondes : « dans le budget », « moins de dix lignes », « pas plus de deux heures de route ». « Que ce soit bien » ne se contrôle pas.
Avant et après : trois exemples
Exemple 1 : organiser un week-end
Demande vague :
Aide-moi pour le week-end.
Même demande, avec les quatre éléments :
Je veux 3 idées de week-end, pour décider ce soir avec mes amis.
Ce que tu dois savoir : nous sommes 4 adultes, en voiture depuis Lille, budget de 150 € par personne, et l'une de nous ne peut pas marcher longtemps.
Forme : 3 propositions de 5 lignes chacune, avec le temps de trajet.
C'est réussi si les 3 idées tiennent dans le budget et sont à moins de 2 heures de route.
La seconde demande a bien plus de chances de te donner une réponse utile, et tu sais comment la juger. C’est l’exercice de la leçon « Une bonne demande », que tu peux refaire avec ta propre situation.
Exemple 2 : un mail délicat
Demande vague :
Écris un mail pour mon propriétaire.
Demande complète :
Je veux un mail à mon propriétaire pour signaler une fuite d'eau sous l'évier de la cuisine, et lui demander l'intervention d'un plombier.
Contexte : la fuite dure depuis trois jours, j'ai déjà mis une bassine, je suis disponible le soir après 18 h. Le ton doit rester poli mais ferme.
Forme : un objet de mail et un texte de 8 lignes maximum.
C'est réussi si le mail dit ce qui se passe, ce que je demande, et quand je suis joignable.
Exemple 3 : une invitation
Demande vague :
Fais-moi une invitation pour mon club.
Demande complète :
Écris l'invitation à la prochaine réunion de mon club de lecture, pour un message de groupe.
Contexte : 12 membres, rendez-vous jeudi 20 h dans la salle du fond d'un café, chacun apporte un livre qu'il a aimé.
Forme : 5 lignes, ton chaleureux, un seul emoji maximum.
C'est réussi si on comprend en 10 secondes quand, où et quoi apporter.
Quand tu ne sais pas quoi préciser
Inverse les rôles. Au lieu de deviner ce qui manque, demande à l’IA de te le dire :
Je veux préparer un mail pour relancer un client qui n'a pas payé une facture. Avant de rédiger, pose-moi les 3 questions dont tu as besoin pour faire un bon mail. Une question à la fois.
Tu réponds, puis elle rédige. Cette habitude de discuter avant de produire est détaillée dans la leçon Discuter avant de produire.
Corriger au lieu de recommencer
La première réponse est un brouillon. Si seul un point te gêne, dis lequel et garde le reste :
Garde tout, mais rends le dernier paragraphe plus chaleureux.
C’est plus efficace que « recommence en faisant mieux », qui autorise l’IA à tout changer, y compris ce qui était bon. Pour demander des variantes, faire critiquer un texte ou savoir quand repartir d’une conversation neuve, passe par la leçon Itérer.
Les erreurs les plus fréquentes
- Une demande de vingt lignes aux consignes contradictoires. Garde l’essentiel. Vingt consignes ne rendent pas la demande plus précise.
- Un rôle grandiloquent (« tu es le meilleur rédacteur du monde »). Un rôle simple peut fixer le ton, mais il ne remplace pas un vrai contexte : dis plutôt pour qui tu écris et pourquoi.
- Des critères impossibles à vérifier, comme « fais un beau texte ». Préfère un nombre, une limite, un ton.
- Un contexte qui identifie quelqu’un. Décris la situation, pas la personne.
- Croire la réponse parce qu’elle est bien écrite. Une réponse fluide peut contenir une erreur. Ce qui compte (un chiffre, une date, un fait) se contrôle toi-même : voir la leçon Vérifier.
Garder tes meilleures demandes
Une demande qui a bien marché vaut la peine d’être rangée. Colle-la dans une note, remplace les détails qui changent par des [crochets], et réutilise-la la prochaine fois. Tu peux partir du modèle de note « Mes demandes », et la leçon Ta bibliothèque de demandes montre comment tester un modèle sur un deuxième besoin.
Pour quel outil ?
La méthode vaut pour Claude, pour ChatGPT et pour la plupart des assistants. L’outil compte moins que la façon de demander. Au 3 novembre 2026, les pages officielles des offres indiquent que Claude comme ChatGPT ont une offre gratuite et des offres payantes. L’offre gratuite de Claude permet de discuter sur le web, l’ordinateur et le téléphone, avec la recherche web, la création de fichiers et une mémoire, dans des limites d’usage. Une offre payante n’est pas nécessaire pour appliquer ce guide. Les prix en euros sont sur la page Choisir son outil, et pour savoir lequel prendre, lis le guide ChatGPT ou Claude : comment choisir.
La formation entière est gratuite. Seuls certains outils, comme les offres payantes ou les agents, ont un coût, indiqué sur chaque module concerné.
À toi d’essayer
- Choisis un besoin réel de ta semaine.
- Écris la demande avec les quatre éléments, en finissant par « C’est réussi si… ».
- Compare la réponse à ton critère, corrige un seul point, puis range la meilleure version.
Si tu ne sais pas par où commencer, trouve ton point de départ. Si tu n’as encore jamais parlé à une IA, la leçon Ce qu’est une IA générative, et ton premier échange réussi te guide pas à pas, avec Claude ou ChatGPT.
Passer à la pratique
- Une bonne demande : le but, le contexte, la forme, les critères (M02)
- Discuter avant de produire (M02)
- Itérer : corriger, demander des alternatives, faire critiquer (M02)
- Vérifier : sources, recoupement, limites de la recherche web (M02)
- Ta bibliothèque de demandes (M02)
- Ce qu'est une IA générative, et ton premier échange réussi (M01)
- Tes données : ce qui part, ce qui reste, les réglages (M01)